Vers 7 h, ce mardi 9
mai, les sapeurs-pompiers sont alertés. Ils se rendent aux abords de la
voie ferrée, à environ 500 mètres de l’ancienne gare de
Longeville-en-Barrois (55). C’est là, au bord d’un chemin blanc, le long
des rails, entre l’ancienne gare de Longeville et le village de
Silmont, distant de 3 km, qu’ils découvrent une voiture. Plus loin, sur
la voie ferrée, les corps sans vie d’un homme âgé de 26 ans et celui de
son enfant de 3 ans. À l’intérieur du véhicule, les policiers
retrouveront des lettres où le père de famille explique pourquoi il
avait décidé de mettre fin à ses jours.
C’est un train de
marchandises roulant dans cette zone à 130 km/h qui a percuté l’homme
originaire de Longeville-en-Barrois et son enfant, de nuit, à 5 h 30. Le
chauffeur du train avait continué, n’ayant pas aperçu le piéton et son
fils en bas âge.
Interrogé dans l’après-midi, puis placé en garde à
vue, en raison d’une faible quantité d’alcool dans le sang, ce dernier a
expliqué qu’il avait « ressenti un choc mais avait cru avoir percuté un
petit animal ». Il avait vérifié l’avant du train, à Nançois, avant de
reprendre son parcours. Sa garde à vue a été levée en fin d’après-midi.
Le
parquet a demandé que les corps des victimes soient transportés à
Verdun afin de pratiquer des analyses permettant de savoir si des traces
de substances étaient présentes dans les organismes.
Attendu au tribunal
Dans la matinée le procureur de la
République, alors qu’il siégeait au tribunal correctionnel, était
prévenu que l’homme qui devait être jugé était décédé. C’est ce même
père de famille, âgé de 26 ans, qui devait comparaître pour chantage.
Des investigations policières, sous la responsabilité du commandant de
police Jorand, avaient permis l’arrestation de ce dernier grâce à une
lettre reçue par une des victimes où figuraient le lieu et l’heure d’un
rendez-vous pour la remise d’argent. En tout, huit personnes avaient
reçu des lettres de la part du maître chanteur, notamment dans la vallée
de l’Ornain. C’est au moment où il récupérait une somme d’argent à
l’orée d’un bois en février 2017 qu’une douzaine de fonctionnaires
l’avait interpellé. Il avait été convoqué pour être jugé, hier mardi,
pour tentative de chantage et extorsion par violence et menace ou
contrainte, des faits commis entre le 8 janvier et le 2 février 2017.
Il se jette sous un train avec son filshttp://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2017/05/09/il-se-jette-sous-un-train-avec-son-fils