lundi 10 juin 2013

Drame de Sanguinet (40) : qui était la jeune monitrice de voile décédée ?

Ce devait être la fête, dimanche, au Cercle nautique du Cap-Ferret, mais aussi au Club de voile de Sanguinet (40). C’était sans compter sur le drame survenu la veille, en marge de la première journée du Grand Prix de Sanguinet initialement prévu sur deux jours, ce week-end, sur le lac landais.
Alors que les courses de la première journée touchaient à leur fin, samedi, vers 17 heures, Florence Deweer, une jeune femme de 23 ans, licenciée au club de voile du Cap-Ferret, a été victime d’un accident mortel imprévisible. Un accident que personne à Sanguinet n’arrivait encore réellement à expliquer hier.

L’impossible s’est produit alors que l’équipage bouclait le premier tour de ce Grand Prix, vers 17 heures. La casse de la barre du catamaran sur lequel la victime naviguait en tant qu’équipière a provoqué la chute du barreur puis le dessalage quasi immédiat de l’embarcation.
Suivant un concours de circonstances à la fois tragique et difficile à déterminer, Florence Deweer s’est retrouvée prise au piège, coincée sous l’un des deux flotteurs du catamaran.
Incompréhension générale
« Le vent n’était pas fort, pas plus de dix nœuds environ. Malgré la pluie, les conditions climatiques étaient normales », revivait dimanche dans la douleur un compétiteur, qui était, lui aussi, sur le final de cette quatrième et dernière manche de la journée. « Quand le dessalage s’est produit, le vent pointait même à six nœuds », ajoutait, tout aussi choquée, une des organisatrices qui avait participé au sauvetage, en vain.
« Ce drame est épouvantable, impensable, confiait à son tour, atterré, le président du club de voile de Sanguinet, Jean-Claude Ricaud. Les bateaux venaient de boucler le premier tour, ils étaient au niveau de la bouée sous le vent, tout proche du bateau qui assure la sécurité de la course. Quand les secouristes du club ont essayé de sortir la jeune fille de sa position, sous la coque de l’embarcation, elle était sans réaction. Même son équipier, qui était revenu vers le catamaran à la nage, n’avait pas pu la dégager. Elle était coincée dans les cordages. On ne comprend pas ce qu’il s’est passé. C’est la première fois qu’un tel accident arrive ici en compétition. »
L’arrivée rapide des pompiers, de l’équipe du Smur d’Arcachon et des médecins urgentistes débarqués par l’hélicoptère Dragon 33 de la sécurité civile n’a malheureusement pas permis de faire la différence.
Profondément meurtri, Jean-Claude Ricaud avait, hier, une pensée pour sa famille mais aussi pour les membres du club du Cap-Ferret. « C’était une compétitrice aguerrie, une monitrice de voile qui rêvait de participer aux Jeux olympiques », a-t-il confié comme un dernier hommage.
Tristes échos au Cercle
Les mots du Landais auront très certainement touché les membres du Cercle nautique du Cap-Ferret, qui organisaient leur premier rassemblement de voile traditionnelle lorsqu’ils ont appris la nouvelle samedi soir. À l’image de ce qui était vécu par tous les amoureux de la voile hier à Sanguinet, le décès de Florence Deweer a suscité sur place une très forte émotion, particulièrement du côté du président, Jean-Christian d’Autheville.
L’homme, proche de la famille de Florence, a rappelé hier que la jeune femme faisait partie de l’équipe de compétition du club, qu’elle était bien classée, qu’elle avait même fait un podium récemment en régional, et qu’outre ses qualités de navigatrice, elle transmettait sa passion de la voile aux enfants depuis plusieurs années en tant que monitrice, chaque été.
Depuis qu’il a pris la présidence du club, Jean-Christian d’Autheville a fait de la sécurité son cheval de bataille, sa priorité. Mais il sait aussi, comme tout marin, qu’un accident est par définition imprévisible. Dimanche, c’est par un mail envoyé à tous les adhérents du Cercle de voile du Ferret qu’il a partagé sa douleur et son émotion. « La mort de Florence nous percute, mêlant en nous des sentiments de colère et d’injustice profondes », a-t-il notamment écrit.
Son courriel évoquait également le souvenir d’une jeune femme qui « rayonnait par son sourire, sa joie de vivre et son enthousiasme ». Et de conclure en ces termes : « Cette disparition tragique survient à quelques jours de l’été. Nous avons le devoir d’assurer notre mission malgré le manque et les souffrances que cette absurdité génèrent en nous. Je suis confiant, je sais que vous trouverez les ressources pour y parvenir… »

http://www.sudouest.fr/2013/06/10/toutes-les-voiles-en-berne-1079782-3246.php

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