Dans notre métier, la routine, ça n'existe pas. Le jour où l'on se dit qu'on ne risque rien, c'est ce jour-là que ça peut mal se passer", expliquait en mars dernier à La Provence le chef des démineurs marseillais de la Sécurité civile. Ses propos ont trouvé une illustration tragique, mercredi, à Oppède dans le Vaucluse. Deux hommes de son équipe, âgés de 49 et 50 ans, ont été très grièvement blessés par l'explosion d'engins agricoles qu'ils étaient en train de neutraliser. Souffrant de membres arrachés et de brûlures, les démineurs ont été héliportés à la Conception. Hospitalisés au service régional des grands brûlés, ces deux pères de famille étaient hier dans un état encore jugé "critique" par les médecins.
Dans la matinée, le préfet de région Hugues Parant et le préfet de police Alain Gardère se sont rendus au centre de déminage de la Sécurité civile, afin d'apporter leur soutien aux familles des victimes et à leurs collègues de travail. Cette unité d'élite réalise plus de 300 missions par an, de la sécurisation des voyages officiel aux alertes à la bombe, en passant par la neutralisation de munitions.
Les démineurs blessés mercredi faisaient partie des travailleurs de l'ombre qui, au péril de leur vie, ont évacué deux énormes bombes de la seconde guerre mondiale, l'une américaine, l'autre allemande, découvertes sur des chantiers du Mucem et du Bd des Dames. Des opérations extrêmement délicates au vu de l'importance des charges : 650 kg d'explosifs pour "Monica", la bombe allemande dans laquelle était venue se ficher une lame de tractopelle ! Rien à voir avec les engins agricoles qui ont pourtant causé tant de dégâts à Oppède. "Quand un accident se produit, travailler sur une tonne d'explosif ou sur 1 kg, pour nous, le résultat est le même", soulignait dans La Provence le chef de l'unité.
Comme cela arrive très régulièrement, les engins agricoles avaient été découverts par des particuliers, dans leur propriété de Robion. Quelques heures plus tard, les démineurs étaient sur place. Face à des matières jugées très instables, l'équipe a préféré les détruire sur place, dans un lieu protégé : les carrières d'Oppède. Comment, pourquoi les engins leur ont-ils explosé à la figure ? C'est ce que l'enquête devra déterminer. Seule certitude : à 14 h, lorsque les employés des carrières sont revenus de leur pause déjeuner pour découvrir une scène d'horreur, cela faisait deux heures que les démineurs blessés avaient été atteints par l'explosion.
Depuis 1945 en France, plus de 600 démineurs ont perdu la vie en mission.
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/oppede-les-deux-demineurs-delite-entre-la-vie-et-la-mort
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