mercredi 6 mars 2013

A Pamiers, on attend le retour du corps du caporal tué au Mali

Régiment de l'intervention immédiate, le 1erc RCP en paye souvent le prix. Le décès du caporal Cédric Charenton vient s'ajouter à la longue liste des «morts au combat» de l'unité, tout au long de son histoire, et notamment récente.
Dans le petit matin ariégeois, ciel dégagé, c'est l'heure du lever des couleurs au quartier Capitaine Beaumont, à Pamiers. Un rendez-vous classique au 1er RCP sauf qu'aujourd'hui, les cœurs sont dans la peine : Cédric Charenton, 26 ans caporal au régiment, engagé au Mali a trouvé la mort samedi soir, lors d'un accrochage avec les rebelles (voir notre précédente édition). Tous les personnels présents au quartier ont été rassemblées, et le colonel De Loustal, le chef de corps, en a profité pour s'adresser à ses hommes et les mobiliser dans le souvenir de leur camarade mort au combat, et dans la mission que le régiment accomplit sur ce théâtre extérieur. Le drapeau a aussitôt été mis en berne. Ainsi va la vie d'un régiment de l'intervention, avec ses joies et ses peines.
Le 1er RCP est actuellement astreint de nombreuses missions extérieures. En effet, environ 200 hommes sont au Mali, d'autres compagnies sont déployées en France dans le cadre des actions Vigipirate. Cette mission au Mali n'était pas inscrite évidemment au calendrier de l'unité. Elle est venue s'ajouter dans l'urgence. Au début, d'ailleurs, il était prévu que les parachutistes de Pamiers aillent relever en Côte d'Ivoire des unités envoyées au Mali, dans le cadre de l'opération SERVAL. Mais le destin a voulu que le régiment soit ensuite, lui aussi, engagé au sein même de cette opération. En première ligne. Avec les risques que cela sous-entend.

Les trente ans de «Drakkar»

Le décès d'un nouveau parachutiste intervient sur une année qui sera justement au régiment, celle du souvenir des morts au combat. En effet, le 1er RCP se souviendra, en octobre prochain, de la destruction de l'immeuble Drakkar à Beyrouth, dont on marquera les 30 ans. Le 23 octobre 1983, un attentat détruisait le PC Français, dans lequel ont trouvé la mort 58 militaires, pour l'essentiel parachutistes du 1er RCP. Un choc pour l'unité, qui renouait avec les grandes hécatombes qui avaient affecté le régiment, durant la 2e guerre mondiale, ou l'Indochine. Et puis il y eut récemment, les quatre morts en Afghanistan. Cette année encore, dans le registre du souvenir, au delà des céréméonies organisées pour les 70 ans du régiment, devrait être installée au quartier une stèle portant les noms de tous les parachutistes tués au combat depuis la création de l'unité.
Le 1er RCP, le plus vieux régiment parachutiste de France, qui s'est illustré dans tous les conflits menés par la France depuis la Seconde Guerre mondiale, est un régiment de l'intervention immédiate. D'où sa particulière exposition, et le nombre de ses morts tout au long de son histoire. Et parmi eux, Cédric Charenton, dont le nom viendra s'inscrire sur la stèle, élevée en hommage aux morts du régiment, le 1er juin prochain, au sein du quartier Beaumont.

http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/05/1574813-1er-rcp-un-nom-de-plus-sur-le-monument.html

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