Près d'un millier de personnes sont venues, hier, rendre un dernier hommage à l'adolescente accidentellement décédée le 31 décembre.
Quelque huit cents personnes ont participé, hier après-midi, à la cérémonie donnée à l'église Saint-Edmond en l'honneur de Carole. Le 31 décembre dernier, vers 7 heures du matin, cette adolescente âgée de 17 ans était tombée du 5e étage de l'immeuble où elle résidait avec sa famille en voulant « faire le mur », à l'aide d'un drap qui avait finalement cédé. Transportée à Reims dans un état grave, elle était décédée le 1er janvier.
Vêtu d'un tee-shirt blanc sur lequel on pouvait lire « Carol, I love you », un de ses frères confiait sobrement : « La douleur, elle est là », en pointant un index sur son cœur. « C'était ma pote », peinait à articuler une adolescente parfaitement inconsolable, quelques mètres plus loin. Pas la peine d'en dire plus. Pas le cœur à ça. Et puis à quoi bon ?
Près de l'autel, à côté de la famille, le cercueil de Carole. Tout autour, dans une église remplie jusqu'à la gueule de mines défaites. Pendant l'heure de prières et d'hommages qui se sont succédé, la plus vive émotion régnait. Chez beaucoup, des larmes perlaient au coin des yeux. Chez tous, les mâchoires semblaient scellées comme des stèles. A chaque fois, le silence qui s'installait entre deux chants était, l'espace d'un instant, déchiré par un sanglot.
A un moment, le père de Carole s'est levé pour venir prendre la parole. Il n'a rien dit, juste entonné d'une voix douce un air traditionnel. Et puis brutalement, sa voix a déraillé, brûlée par le chagrin. Vite, ses fils sont venus le soutenir. Avant, à leur tour, d'être terrassés par le poids de cette perte.
Hier, Carole était pour eux un vide impossible à combler. Le reste ne fut qu'une affaire de mots, de gestes, de souvenirs âpres et de bonheurs esquissés. Tout était poignant.
Détresse
Dehors, sous un ciel gris et une pluie fine, c'est tout le quartier de la Ronde Couture qui semblait en deuil. A la sortie de l'église, des badauds chargés de leurs sacs de courses s'arrêtent un instant devant l'édifice religieux comme si, devant tant de détresse, il fallait prendre un moment.
Plus loin, parmi les nombreux jeunes présents, deux garçons se retrouvent. Un « check » rapide en guise de salut, le poing de l'un contre celui de l'autre. « Tranquille ? - Tranquille. » Mais les visages sont sombres et les regards vides. « Quand ce qu'on aime nous quitte, c'est soi-même qu'on quitte », entend-on parfois. Souhaitons à tous ces gens de parvenir à se retrouver.
Carole avait vu le jour en Guyane avant d'arriver dans les Ardennes en 2004, à l'âge de 9 ans. C'était une élève de seconde au lycée d'Etion - plusieurs membres de l'établissement étaient présents dans l'église Saint-Edmond.
Sur les pistes d'athlétisme, l'adolescente brillait au point, dans sa catégorie d'âge, de détenir le record départemental du 400 mètres haies. Sur les photos, elle est tout simplement magnifique. Déjà l'allure d'une reine. Moins d'un mois avant sa tragique disparition, elle avait fêté ses 17 ans.
Hier, à l'issue de la cérémonie, la dépouille de Carole a été enterrée au cimetière Ferroul.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/carole-ladieu-aux-larmes
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire