Le profil de Nordine Belkacemi, abattu à l'arme lourde le 16 décembre, et la méthode de son exécution débouchent sur plusieurs pistes de travail pour les enquêteurs du SRPJ de Toulouse.
C'est un vaste chantier qui s'ouvre pour les enquêteurs du SRPJ de Toulouse. Trois semaines après l'exécution de Nordine Belkacemi, 32 ans, responsable de la sécurité au sein de la discothèque le Room 157, à Toulouse-Montaudran, les pistes ne manquent pas. D'abord en raison de la personnalité contrastée de la victime. Ensuite, parce que la méthode expéditive du ou des tueurs renvoie inévitablement à celle utilisée par des gangs du milieu marseillais. C'est une des raisons pour lesquelles la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux (JIRS), qui traite les grandes affaires de criminalité en bande organisée, a repris le dossier. Abattu de sang-froid à la kalachnikov, dans la nuit du 15 au 16 décembre, alors qu'il se trouvait dans sa Mercedes devant une station-service du quartier Purpan, Nordine Belkacemi n'avait aucune chance de s'en sortir. Il devait se rendre à la discothèque où il travaillait depuis presque 2 ans. Les rafales à l'arme lourde n'avaient rien d'un avertissement. Cette nuit-là, les balles ont giclé pour tuer. Décrit comme «bosseur», «sérieux dans son travail», cet homme de confiance était aussi un impulsif, parfois bagarreur et avait plein de projets en tête. D'autres, qui le croisaient dans un club de gym de Colomiers où il soulevait des kilos de fonte, préfèrent garder le silence. Nordine Belkacemi ne laissait pas indifférent. Par son travail nocturne et ses activités annexes qui font toujours l'objet de vérifications, dans la vente de voitures et le bâtiment, il côtoyait beaucoup de monde. Dans ce milieu des affaires où il est parfois question de gros sous, de sérieuses inimitiés ont pu envenimer des relations, sur fond de lutte d'influence. Dernièrement, le gérant du Room 157 a affirmé que cette exécution brutale «n'a aucun lien» avec la discothèque. Sensible à la réussite sociale et officiellement «rangé» après deux condamnations aux assises début 2000, Nordine Belkacemi, a-t-il pu faire de l'ombre à des intérêts financiers ?
La méthode d'exécution «à la marseillaise» révèle-t-elle, pour autant, des liens avec le milieu azuréen ? «On peut tout envisager. D'une vengeance personnelle déconnectée d'un milieu, à un règlement de comptes sur fond de trafic»,confie, prudente, une source proche du dossier.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/01/07/1530141-abattu-a-la-kalachnikov-a-purpan-les-mysteres-d-une-execution.html
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