mercredi 12 septembre 2012

MERU (60) Brûlé vif : un suspect remis en liberté

L'homme aspergé d'essence et incendié samedi à Méru est toujours entre la vie et la mort. Le rôle passif du Méruvien qui s'était rendu se confirme.

Il n'a rien d'un caïd. C'est un jeune saisonnier effondré qui a été présenté ce mardi après-midi devant le procureur de la République de Senlis à l'issue de sa garde à vue. Le procureur a demandé sa mise en examen pour tentative d'homicide précédée d'actes de torture et de barbarie. Le juge d'instruction a finalement considéré qu'il n'avait pas les éléments pour répondre à cette demande : il a placé le suspect sous le statut de témoin assisté. Le jeune homme, assisté par Me Hubert Delarue, est reparti libre du tribunal.

Le procureur de Senlis, Chantal Berger, a fait savoir qu'elle faisait appel de la décision du juge d'instruction. La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens devra donc se pencher sur cette affaire.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est-il exprimé trop rapidement sur ce drame lorsqu'il a indiqué hier matin sur RMC qu'il pourrait s'agir d'un règlement de compte ? Selon les premiers éléments de l'enquête, il semble que cette affaire relève davantage d'une altercation qui a dégénéré. Les trois protagonistes se connaissent.

Une engueulade qui dégénère


Nabil, la victime, fait le plein d'essence de son scooter et a rempli un jerrican de carburant. Une engueulade éclate avec l'agresseur présumé, décrit comme très impulsif. Le saisonnier, copain de la victime, a indiqué avoir voulu calmer les esprits. Mais le suspect principal se saisit du bidon, renverse le contenu sur le motard, casqué à cet instant. Il aurait demandé alors au jeune homme qui l'accompagne de lui prêter son briquet. Le saisonnier aurait refusé et l'agresseur serait allé chercher un briquet dans son véhicule.

Le motard a tout de suite après été incendié.

Si le suspect qui s'est rendu aux autorités présentait des brûlures aux mains, c'est qu'il a essayé de venir en aide à Nabil, a-t-il dit aux enquêteurs.


L'enquête se poursuit donc. Les enquêteurs de la brigade de recherches de Méru disposent des bandes de vidéosurveillance de la station-service. Selon Chantal Berger, ils «s'emploient à les exploiter au mieux », car pour le moment, ils «ne fournissent pas d'éléments suffisants ».

Le pronostic vital de la victime était toujours engagé ce mardi soir.

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Brule-vif-un-suspect-remis-en-liberte

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