Le pilote du scooter des mers, qui a percuté un bateau samedi soir, est mort le foie perforé par le guidon de son engin. La thèse d'un malaise n'est pas écartée.
La vie a repris son cours normal sur la paisible plage du Ranquet qui a été le théâtre d'un drame samedi soir, quelques heures avant le début de la fête annuelle de ce quartier bordant l'étang de Berre (lire aussi notre édition de dimanche). Seul changement presque invisible dans le paysage paradisiaque de ce coin de l'étang de Berre : la "disparition" du bateau du maître du port, que le conducteur du scooter des mers décédé a percuté. Le navire a été remorqué jusqu'au port des Heures Claires pour les besoins de l'enquête confiée à la brigade mixte côtière et fluviale de Martigues ; et le scooter a été remisé dans une fourrière martégale.
Ces investigations menées par les gendarmes ont bien avancé. Ils ont auditionné les témoins de la scène, qui étaient sur la plage au moment du drame, qui est survenu vers 18 h. Le capitaine du port du Ranquet et le passager du scooter des mers, un Istréen âgé de 24 ans et qui n'est autre que le gendre de la victime, ont également été auditionnés. Ces auditions et les premières expertises réalisées sur les deux embarcations ont permis de reconstituer, en grande partie, le tragique scénario de samedi soir même si des interrogations restent en suspens.
Le lieu tout d'abord. L'accident s'est produit à hauteur du poste de secours, en dehors de la zone de baignade - la "bande des 300 m" à l'intérieur de laquelle la navigation est interdite -, à environ 350 m du rivage.
Le scooter des mers n'était pas prioritaire
L'impact, ensuite. La collision n'a pas été frontale mais perpendiculaire. C'est l'arrière-droit du scooter des mers qui a touché la proue, côté gauche, du bateau. A quelle vitesse ? Selon les premiers éléments de l'enquête et d'après les témoignages des deux survivants de la collision, le scooter filait environ 15 noeuds, soit 28 km/h. Quant au bateau, il était en train de s'arrêter, son pilote - réputé pour son expérience et sa prudence - ayant coupé le moteur. Vu la configuration du choc, une chose est claire : le pilote du scooter des mers n'a pas respecté la règle de base du code maritime, à savoir qu'un navire motorisé à tribord amures (qui arrive par la droite) est prioritaire. Le pilote du scooter est pourtant présenté comme un pilote prudent et expérimenté et connaissant les règles de la navigation. C'est la raison pour laquelle la thèse d'un évanouissement soudain ou d'un début de malaise n'est pas écartée. D'autant qu'il aurait changé brusquement de direction ; mais qu'il n'aurait ensuite pas cherché à éviter l'impact, malgré les avertissements répétés de son gendre.
Le choc n'a pas été d'une grande violence au regard des rares traces qu'il a laissées sur les deux embarcations. Les causes du décès du quinquagénaire ont pu être établies grâce à l'autopsie qui a été réalisée sur le corps, à l'hôpital de La Timone à Marseille. L'Istréen est mort d'une hémorragie interne. Au moment de l'impact, son foie a été perforé par le guidon de son engin ; lequel est rigide sur un scooter des mers que l'on manoeuvre en position assise contrairement à celui d'un jet-ski qui est articulé et permet d'être debout.
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