Des adolescents éprouvés et des parents inquiets. Lundi matin, le cimetière de Chepy n’était pas assez grand pour accueillir l’élan de solidarité qui a entouré la disparition de la jeune Lorine, décédée brutalement d’une méningite dans la nuit du 8 au 9 mai. Proches, amis ou simples habitants de Chepy, tous sont venus naturellement supporter la famille de Lorine, par leur simple présence.
La pluie a redoublé pour accueillir le chagrin des parents. Un père en larmes, une mère chancelante. Les camarades de classe de l’adolescente, scolarisée au lycée du Vimeu, sont en première ligne pour s’associer à la douleur de la famille. Silencieux, une rose blanche à la main, ils ne cachent ni leur peine, ni leur soulagement d’être ensemble, main dans la main. Les yeux rouges, ils avancent dans l’allée du cimetière dans un silence unique et pesant, pour saluer une dernière fois leur amie.
Ne surtout pas rester seul
Seul pleurer ensemble paraît apporter un réconfort aux adolescents massés à l’entrée du cimetière. Parler ? « On a tout dit sur Facebook. Et de toute façon quoi qu’on dise, ça ne la ramènera pas », lance une camarade de classe de Lorine.
Les condoléances et messages à la mémoire de leur amie affluent toujours sur le groupe de soutien créé sur le réseau social Facebook « Hommage à Lorine Boury », qui compte plus de 1 200 abonnés.
« C’est lorsque l’ado arrête de communiquer qu’il faut s’inquiéter, car c’est un signe de mal-être. Les adolescents ne sont jamais seuls. Téléphone, réseaux sociaux… ils échangent, même si ce n’est pas avec les parents. Ceux-ci peuvent les y inviter, sans être intrusif, ou favoriser le rassemblement avec les amis », conseille Pascale Kihal, docteur au sein de la cellule d’écoute et de soutien mise en place au lycée du Vimeu à destination des élèves. Les lycéens qui en sentent le besoin peuvent être écoutés, pendant quelques jours par cette cellule particulière, ensuite par l’infirmière du lycée qui connaît bien les élèves. Car les camarades de Lorine ne sont, pour beaucoup, pas venus au lycée hier.
« Dans toute ma carrière, j’ai connu des drames, mais pas de cette ampleur », note le proviseur André Niau, satisfait de la présence de personnel médical dans l’établissement. Les premiers élèves à avoir parlé au médecin ou psychologue présents ont évoqué de nombreuses inquiétudes face à la maladie. De la culpabilité aussi : « Ils se demandent s’ils auraient pu voir le problème de santé de Lorine, note par exemple Philippe Coche, psychologue. Les plus fragiles, nous allons les revoir ». « On sent que c’est pesant de tristesse, c’est logique, même si tout est fait pour que l’on reprenne le cours des choses », note Nicolas Rindel, proviseur adjoint.
Pour la famille et pour les adolescents du lycée du Vimeu, le deuil sera un long chemin.
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